Un Capes de lettres, pour quoi faire ? Face au manque de profs, c’est la solution au rabais de l’académie de Dijon qui lance à la rentrée 2026 une expérimentation dont le but est de trouver des solutions pour assurer la continuité de l’enseignement du français.
Décidément, les rectorats ne savent plus quoi faire pour contrer la pénurie de professeurs, problème chronique de notre système éducatif. On se souvient encore des sessions de « job dating » pour recruter en urgence des enseignants contractuels, des remplacements par visioconférence dans certaines zones rurales de l’académie et bien sûr du célèbre recours à des retraités de l’Éducation Nationale.
Le rectorat de Dijon propose aujourd’hui de confier des cours de français à… des enseignants d’autres disciplines. À condition que ceux-ci aient suivi « des études littéraires à un moment donné de leur parcours », définition bien vague, et qu’ils obtiennent l’attestation de compétences « Enseigner le français »
Cette attestation de compétences validera le fait que les candidats ont « une connaissance des caractéristiques générales des programmes de français en vigueur dans le second degré » et qu’ils ont « une compréhension des finalités de l’enseignement du français » (sic).
Les enseignants candidats verront leur dossier – de cinq pages maximum- évalué par une commission de validation. Après examen du dossier, les candidats se présenteront à un oral, organisé en deux parties. Pendant 10 minutes, ils présenteront une séquence (de manière générale) avant de détailler le contenu d’une séance « déjà menée ou envisagée », étayée par « des commentaires réflexifs ou d’analyse ». Ensuite, pendant 20 minutes, un échange avec la commission permettra « d’apprécier les connaissances du candidat concernant les contenus d’enseignement, les programmes et les principes essentiels touchant à l’organisation de l’enseignement du français au collège et au lycée ».
Le SNCL est particulièrement consterné par cette nouvelle piste pour remédier à la pénurie de plus en plus aigüe du recrutement des enseignants en général et des enseignants de Lettres en particulier. De fait, ce genre d’initiatives n’est pas fait pour redorer la profession en général ni créer des vocations de profs de lettres en particulier.
Jordi Carbonell

