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« Ma fille ne fera pas sa punition »

On le sait déjà, ce n’est plus à l’élève de rendre des comptes, mais à l’enseignant de se justifier. Que ce soit pour les notes ou les punitions, élèves et surtout parents, contestent de plus en plus l’autorité scolaire, allant jusqu’à s’immiscer dans la pédagogie des professeurs. Les échanges via l’ENT ou Pronote ont pris la tournure de réseaux sociaux sur lesquels à l’abri de l’écran, les messages sont parfois très agressifs : « Je vais vous expliquer quelques trucs qu’apparemment vous ne maîtrisez pas bien. Votre posture est toxique et anti-pédagogique, la seule à décider pour mon fils, c’est moi, il ne fera pas son heure de colle, avec ou sans votre accord ». Il en devient risqué de demander chaque jour au même élève de se taire en classe, sous peine de se voir accusé de harcèlement.

Le sentiment des professeurs d’être sous la pression est d’autant plus accentué que certains parents menacent de prévenir le rectorat si les choses ne vont pas dans leur sens, quand d’autres envoient directement leur courrier : « Je remets du droit dans l’abus hystérique de l’enseignante, elle a absolument besoin d’une formation en psychologie de l’enfant ou d’une muselière » ! La communication sous forme numérique avec les enseignants semble avoir atteint un point de non-retour, et ce mode de fonctionnement toujours plus contestataire et procédurier n’est certainement pas étranger à la crise des vocations ou aux démissions qui continuent d’être en hausse.

Alors comment réagir face à l’ingérence abusive de certaines familles ?

S’assurer du soutien de sa hiérarchie est une évidence. Il existe encore fort heureusement des chefs d’établissement qui placent la parole de l’enseignant avant celle de l’élève.  Quoi qu’il en soit, ne surtout pas entrer dans une spirale en réponse aux messages des parents :  expliquer est une chose, mais se justifier ne fait qu’ouvrir la brèche à certains qui ne cherchent qu’à pousser à la faute professionnelle.

Dans le cadre d’un rendez-vous avec des parents d’élèves qui s’annonce compliqué, faites-vous accompagner d’un collègue, ne soyez pas seul face à la famille.

Tous les établissements disposent d’un « Registre Hygiène et Sécurité » dans lequel vous pouvez signaler une situation qui vous met en difficulté, et dans le cas de propos diffamatoires voire d’agression verbale, n’hésitez pas à déposer plainte. Vous pouvez également faire appel aux médiateurs de l’éducation nationale ou à l’Autonome de Solidarité pour une protection juridique.

Si vous êtes convoqué par écrit par votre chef d’établissement, par l’inspection ou le rectorat, faites appel à votre syndicat. Dans ces situations parfois psychologiquement difficiles, le SNCL peut non seulement vous conseiller sur la position à adopter, mais aussi être présent et vous défendre lors d’entretiens avec le chef d’établissement et la famille.

Ne restez pas isolés, contactez le SNCL !

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