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Formation des enseignants : les concours à bac+3 et bac+5 vont cohabiter en 2026 et 2027.

Suite à la décision du gouvernement de passer les concours de recrutement au niveau Bac+3 -ce qui est une mesure maintes fois demandée et enfin obtenue par le SNCL- nous nous retrouvons au moins pour 2 ans sur une période transitoire durant laquelle les deux niveaux de recrutement vont perdurer.

Il est en effet prévu que l’ancien système, avec recrutement organisé à bac+5, cohabite avec le nouveau, à bac+3, pour les sessions 2026 et 2027. À partir de la rentrée 2028, « tous les concours seront organisés à bac+3 (sauf l’agrégation et le concours des PsyEN maintenus exclusivement à bac+5).

Ceci va donner lieu à un embrouillamini gigantesque pour les deux années à venir où même une chatte n’y retrouverait pas ses petits.

Le calendrier prévisionnel pour 2026

  • Octobre-novembre 2025 : inscription aux concours en M2               –
  • Novembre-décembre 2025 : inscription aux concours en L3
  • Mars 2026 : épreuves d’admissibilité aux concours en M2
  • Avril 2026 : épreuves d’admissibilité aux concours en L3
  • Mai-juin 2026 : épreuves d’admission aux concours en M2 et L3
  • Fin juin 2026 : publication des admissions

D’après les documents de travail, il serait prévu que les épreuves écrites du CRPE, ouvert aux niveaux bac+3 et M2, s’organise sur des dates différentes. En revanche, la question demeure non tranchée à ce stade concernant les épreuves écrites pour les concours du 2nd degré. Tout est flou et rien n’est clair. Et ce n’est que le début du labyrinthe.

Les lauréats de concours détenteurs d’un niveau L3 ou équivalent suivront une formation de deux ans. Cela commencera par une nomination en tant qu’élève fonctionnaire (rémunération sur l’IM 366) réalisant des stages d’observation ; puis un passage en M2 pendant un an avec une nomination comme fonctionnaire (rémunéré) et une mise en responsabilité à hauteur de 50 %.

Pour les détenteurs d’un M1. La durée des études dépendra du parcours professionnel antérieur et des études accomplies : soit une « nomination en M1 pendant un an comme élève fonctionnaire, puis en M2 dans les mêmes conditions que les lauréats de L3 » ; soit une « nomination directement en M2 pendant un an comme fonctionnaire stagiaire avec une mise en responsabilité à hauteur de 50 % ».

Pour les détenteurs d’un M2. Nomination en qualité de stagiaire avec une formation adaptée (sic) pendant un an avec une mise en responsabilité à hauteur de 50 % ou de 100 % selon le parcours universitaire et professionnel antérieur ».

Sur la même période, les lauréats des anciens concours à niveau bac+5 seront de leur côté nommés comme fonctionnaires stagiaires pour une durée d’un an, « avec une mise en responsabilité à hauteur de 50 % (master disciplinaire par exemple) ou de 100 % (master MEEF, enseignants détachés…) selon le parcours universitaire et professionnel antérieur.

En l’état actuel des choses, 19 disciplines devraient bénéficier d’un double concours en 2026 : surtout les disciplines déficitaires (voir article par ailleurs) comme les mathématiques ou l’allemand. Mais d’autres disciplines verraient leur recrutement passer à bac+3 dès 2026, en raison d’un flux de candidats insuffisant pour justifier les deux concours.

Toutefois, le SNCL s’interroge sur le nombre de places qui seront ouvertes lorsque les concours auront lieu sur deux niveaux de diplôme différents. Et sur ces questions, le ministère est peu loquace. De plus, le double mode d’accès a généré une hétérogénéité de profils que l’institution impose de résorber en deux ans.

Il y a encore tant de choses à développer concernant ce sujet : Le master MEEF va-t-il perdurer ou va-t-il être remplacé ? Par quel type de master (M2E ?) ? Quel sera le rôle des universités dans l’organisation du nouveau master ? Qui aura le dernier mot sur les passages de M1 à M2 ?

Mais la place et certaines informations nous manquent ; un article spécifique du SNCL à paraître prochainement traitera ces sujets en profondeur.

Jordi Carbonell

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