Le SNCL a depuis longtemps dénoncé et mis en avant les principales causes des manifestations qui secouent actuellement les lycées français. Le problème est que personne ne veut nous écouter. Et maintenant, on ne nous propose que des réponses superficielles et des promesses sans lendemain. Le courage manque à nos décideurs pour tout remettre à plat.
Tout d’abord, l’application de la réforme des lycées connue sous le nom de réforme Blanquer. Avec la création des spécialités, cette réforme a fait exploser le groupe classe. Comme le SNCL l’a dénoncé à l’époque, cela n’a fait que rajouter au désarroi de nos lycéens renforçant l’absence d’entraide entre eux voire l’isolement de certains qui se sentaient bien plus à l’aise entourés de leurs camarades de classe. Ils sont maintenant baladés de groupes en groupes : groupes de spécialité, groupes de langue, groupe d’EPS, groupe de classe -même si ce terme ne veut aujourd’hui plus dire grand-chose. Nouveaux visages, nouveaux voisins que l’on ne croise que quelques heures dans la semaine et dont on ignore bien souvent le nom, tout a été fait pour rendre les lycéens anonymes dans leur lycée et accroitre leur mal-être. Puis, pour faire rentrer tous ces groupes dans les emplois du temps, et éviter les superpositions et doublons, il a fallu mettre en place de véritables gruyères qui n’augmentent pas les heures de cours mais rallongent à l’excès la présence des élèves et des enseignants au sein de l’établissement. Les fameux 8h-18h aujourd’hui dénoncés par les lycéens en colère.
Au SNCL, nous avons tendance à croire que ces contraintes engendrées par des alignements en barrette qui induisent ce type d’emploi du temps ont été pensés également pour contraindre les enseignants à rester dans leurs établissements. Ainsi, les professeurs peuvent prendre en charge plus ou moins volontairement des heures annexes telles que le remplacement de collègues absents ou autres. Avec la colère des lycéens, le retour de bâton arrive pour nos gouvernants.
Dans ces classes qui n’en sont plus, les conseils de classe trimestriels -ou de plus en plus souvent semestriels- ne réunissent maintenant que quelques enseignants, parfois en distanciel, et ne décident plus de rien. Ils sont devenus des chambres d’enregistrement où on valide le passage en classe supérieure de l’ensemble des élèves, sauf quelques rares exceptions.
Depuis de nombreuses années, le SNCL préconise la prise en compte des savoir-faire et des connaissances pour valider un changement de niveau. Ceci afin de garantir l’acquisition de capacités suffisantes pour suivre utilement en classe supérieure. Ce n’est pas le chemin qui a été choisi par nos gouvernements -et nombre de syndicats enseignants. Tout cela nous amène à la catastrophe actuelle. Le baccalauréat ne jouant plus son rôle de trieur avec entre 94 et 98% de réussite, nos élèves se bousculent pour poursuivre des études supérieures. C’est là que le Grand Méchant Parcoursup intervient, cristallisant toutes les colères. C’est l’outil qui, pour la première fois de leurs études, vient refuser des choses aux élèves. Élèves à qui on a menti éhontément, tout au long de leur scolarité, sur leur niveau réel et sur leurs chances de réussite. Le tri se fait alors, injustement parfois. Parcoursup devient la cible toute désignée alors qu’il n’est que la conclusion d’un système à bout de souffle et inefficace. On retrouve d’ailleurs également ce type de barrage dans l’enseignement supérieur avec les admissions en Master, encore plus sélectives, gérées par le système MonMaster.
Quand on veut massifier l’enseignement scolaire ou supérieur, il faut se donner les moyens de ses ambitions. Le SNCL avait donné ses solutions il y a déjà plusieurs années mais personne n’a voulu écouter. Jusqu’à quand le déni ?
Si les élèves suivaient une scolarité ou, chaque année, le système les renseignait sur leurs capacités réelles et les incitait à aller au maximum de leurs potentiels en identifiant leurs points forts et leurs points faibles, la déception serait sans doute moindre…et les résultats PISA à un autre niveau sans doute.
Début décembre auront lieu les élections professionnelles qui vous permettront de choisir vos représentants. A vous de voir si vous voulez changer en votant SNCL ou si vous préférez que le système continue son auto destruction.

