Le vendredi 30 mai 2025, par voie de communiqué, une série de mesures étendant l’interdiction de fumer à compter du 1er juillet prochain dans plusieurs nouveaux lieux collectifs extérieurs fréquentés par des jeunes : parcs, plages, abords des établissements d’enseignement accueillant des mineurs, bibliothèques, abribus, enceintes sportives… Un décret viendra préciser cette liste, l’interdiction ne concernant pas le vapotage dont les arômes seront par ailleurs « strictement encadrés » en 2026.
Le gouvernement rappelle l’objectif qu’il s’est fixé dans son programme national de lutte contre le tabac en 2023 : faire en sorte que les enfants qui naissent aujourd’hui soient les premiers à grandir dans une génération sans tabac à l’horizon 2032. Le SNCL rappelle que d’autres pays, comme le Nouvelle Zélande, ont déjà fait ce choix avant de faire machine arrière devant les difficultés pratiques engendrées.
Le non-respect de cette interdiction pourrait à terme être sanctionné par une contravention de quatrième classe, soit 135 euros. Le ministère de la Santé a déclaré : « Là où il y a des enfants, le tabac doit disparaître », plaidant que la liberté de fumer « s’arrête là où commence le droit des enfants à respirer un air pur ». Air pur, air pur. Devant les établissements, sur les avenues de Montpellier, Perpignan et Nîmes, on peut s’interroger sur le niveau de pureté de l’air. Qu’il y ait des fumeurs ou pas.
L’objectif est que le tabac soit banni « là où il y a des enfants ». En premier lieu, donc, les abords des écoles, collèges, lycées et autres lieux destinés à l’accueil, à la formation ou à l’hébergement de mineurs.
Or, qui fume devant les établissements scolaires ? Bien souvent les enseignants qui, chassés de l’intérieur des établissements, vont faire une pause cigarette au plus proche de leur lieu de travail lors de la récréation, par exemple. Alors que le mal-être des enseignants est un point de plus en plus sensible, la pression va encore davantage porter sur eux. Je précise, à titre personnel, que je suis non-fumeur. Et qu’interdire la cigarette dans les lieux clos, m’évitant de devoir supporter la cigarette des autres a été un soulagement pour moi. Liberté de fumer, oui, mais pas à n’importe quel prix ni au détriment de ses voisins.
Mais quels effets positifs seront apportés par cette nouvelle mesure ? Qui peut croire à autre chose qu’à un effet d’annonce ou à un nouveau moyen de ponctionner le porte-monnaie des enseignants en sanctionnant par des amendes faciles un comportement qui ne nuit à personne sous couvert de « santé ». La période est, de plus, fort morose pour le moral des personnels. Les enfoncer dans le marasme en les pointant du doigt et les jetant à la vindicte populaire ne va pas améliorer les choses. Loin de là. A un moment, il faut dire stop.
Le SNCL s’inquiète de ce nouveau coup de rabot sur nos libertés et de son impact sur le moral de tous nos collègues.
Jordi Carbonell

