Et oui, nos élèves de première n’auront pas que le Français comme épreuve du baccalauréat en première mais aussi les mathématiques et ce, à partir de juin 2026 ! Cela avait été annoncé par Gabriel Attal, alors ministre de l’Education Nationale en décembre 2023 avec l’intégration dans l’enseignement scientifique d’une heure et demi de mathématiques en première. Cette épreuve s’inscrit dans la stratégie mathématique 2025-2030 de l’école maternelle au lycée. C’est en fait la mesure 10 du plan « avenir », à savoir la mise en place d’une évaluation plus objective des compétences en mathématiques pour tous les bacheliers généraux et technologiques. Cette évaluation, dont les résultats seront transmis à Parcoursup en même temps que les notes du baccalauréat de Français devrait permettre, pour le ministère, d’attester d’un niveau de Mathématiques des bacheliers généraux et technologiques et de revaloriser la place des Mathématiques.
Qu’en est-il de la nature et de la mise en œuvre de cette épreuve ?
D’une durée de deux heures, sans calculatrice, sauf pour les élèves ayant un aménagement spécifique, elle est composée de deux parties :
* La première est en fait une évaluation d’automatismes communs aux trois programmes (celui des élèves de série technologique-tronc commun, celui d’élèves de première générale suivant l’enseignement de spécialité et celui d’élèves de première générale suivant le programme intégré à l’enseignement scientifique). Des questionnaires à choix multiples à réponse unique seront proposés dans cette partie.
*La seconde partie est composée de 2 ou 3 exercices, les énoncés étant distincts selon le programme suivi par l’élève.
Bref, 3 sujets différents ! A corriger en même temps que l’épreuve de spécialité de terminale et le grand oral. Et oui, cette épreuve aura lieu mi-juin. Nous imaginons déjà la surcharge de travail engendrée par cette épreuve que ce soit pour les administratifs, les personnels de direction, les AESH, les AED et les enseignants ! En effet, il faut non seulement organiser les plannings, surveiller, préparer les salles, scanner les copies pour le logiciel Santorin mais aussi corriger. Le ministère prévoirait que la première partie soit corrigée par l’IA. Ouf, moins de correction pour les profs ! Devrions-nous nous réjouir ? Pas trop rapidement, le SNCL s’interroge sur la fiabilité de cette correction même si des progrès notables sont faits très régulièrement dans ce domaine et surtout sur le coût dans une période où des efforts sont régulièrement demandés aux personnels de l’Education nationale. Je rappelle que, par exemple, lors d’un congé de maladie classique, nous touchons maintenant 90% de notre salaire, alors que nous sommes en contact permanent avec le public et sans médecine du travail.
De plus, attester du niveau des élèves et revaloriser la place des Mathématiques est bien louable mais est-ce le bon moyen ? Le SNCL préfèrerait plus de dédoublements pour permettre à tous les élèves de réussir et d’aller plus loin mais aussi des heures pour faire des mathématiques autrement, pour donner encore plus envie de faire des « maths ».
Nathalie Carbonell

