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Moins d’élèves : vers quelle école allons-nous ?

Dans les années à venir, la France va connaître une baisse significative du nombre d’élèves dans ses écoles, collèges et lycées. Selon un rapport de la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) concernant les projections d’effectifs d’élèves à l’horizon 2035, soit dans les 10 ans à venir, une baisse démographique de grande ampleur est prévue : près de 1,67 million d’élèves en moins dans les écoles et établissements publics et privés sous contrat, soit une diminution de 14,2 % des effectifs.

Cette évolution démographique, sur laquelle on pourrait s’interroger – mais ce n’est pas là notre propos – pourrait constituer une opportunité historique : celle, comme le demande le SNCL, d’améliorer enfin les conditions d’apprentissage des élèves et les conditions de travail des personnels. Des classes moins chargées, un suivi plus individualisé, une école plus juste et plus efficace — voilà ce que tous les personnels seraient en droit d’attendre. Mais le choix du gouvernement est tout autre.

Plutôt que de tirer parti de cette baisse des effectifs pour renforcer la qualité de l’encadrement, les pouvoirs publics annoncent une diminution du nombre de postes d’enseignants. Autrement dit, moins d’élèves… mais aussi moins de professeurs. Une logique purement comptable, qui fait fi des besoins réels du terrain et des ambitions éducatives affichées.

Où est la recherche de la qualité ?

Depuis des années, le SNCL alerte sur la dégradation des conditions d’enseignement : classes surchargées, manque de remplaçants, difficultés croissantes à accompagner les élèves en difficulté ou encore augmentation de la violence. Dans ce contexte, la baisse démographique pourrait permettre de desserrer l’étau, de redonner du sens au métier, et de répondre enfin aux besoins des élèves et des personnels.

Au lieu de cela, on choisit de réduire les moyens humains. Ce choix en dit long sur les priorités politiques : l’éducation reste une variable d’ajustement budgétaire, et non un investissement d’avenir.

Cette orientation est d’autant plus préoccupante qu’elle risque d’aggraver les inégalités. Moins d’enseignants, c’est faire perdurer les problèmes que nous connaissons aujourd’hui : moins de temps pour chaque élève, toujours plus de tâches diverses à accomplir et une pression accrue sur des équipes déjà fragilisées. C’est aussi un signal négatif envoyé à toute une profession, déjà en crise d’attractivité.

Le SNCL refuse cette vision à court terme.

Pour le SNCL-FAEN, la baisse du nombre d’élèves doit être saisie comme une chance : celle de construire une école plus humaine, plus exigeante, plus attentive à chacun. Cela suppose de maintenir, voire d’augmenter, le nombre d’enseignants pour améliorer le taux d’encadrement, développer le travail en petits groupes, renforcer l’accompagnement personnalisé et soutenir les équipes éducatives.

L’école ne peut pas être gérée comme une simple ligne budgétaire. Elle est au cœur du pacte républicain. Sacrifier la qualité de l’éducation sur l’autel des économies immédiates, c’est compromettre l’avenir. Nous exigeons un autre cap.

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